Québec au temps des sucres

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Cela fait des années que nous souhaitions nous rendre au Québec pendant la période des sucres et de ses cabanes.


Ce moment-là est le secret bien gardé du célèbre sirop d’érable. Il faut quand même vous expliquer le principe. D’abord on passe au dépanneur local (le super-marché, quoi !) s’acheter quelques boîtes de sirop d’érable ainsi que quelques autres ingrédients (liquides pour la plupart) et on repart avec ses marchandises au milieu d’un bois dans une cabane (oui, je sais : « ma cabane au Canada » 😉).


Au milieu de cette cabane, vous retrouvez un gang de potes qui n’attendent qu’une chose : que vous déballiez les ingrédients annexes. Ensuite, on fait chauffer une grande bassine d’eau (avec toute la neige qu’il y a, il ne faut pas chercher longtemps pour trouver de l’eau). Une fois à température sauna, on ouvre les cans (les boîtes) de sirop et on les balance dans la flotte. La proportion est plus ou moins équivalente à celle de ce que les potes portent à leur bouche : entre 7 et 10 % 👀. Mais au stade où les participants sont déjà 💥, les proportions deviennent disproportionnées.


On laisse chauffer tout le bazar jusqu’à épuisement des ingrédients puis on injecte le tout dans des tuyaux qui filent directement vers un réseau qui circule, telle une toile d’araignée, vers l’ensemble des pauvres érables (qui n’ont rien demandé) et on leur force ce liquide sous leur écorce par un trou préalablement foré dans leur tronc.


Facile, non ?

Week-end boueux à Oostkerke

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Malgré la météo de ce week-end qui n’était pas annoncée comme glorieuse, nous avons décidé de prendre notre courage à deux mains et nos vélos à deux roues et de les emmener tous les quatre « à la mer » (comme on dit chez nous). En fait de mer, notre quartier général se situe à Oostkerke où nous avons l’habitude de nous retrouver quand le besoin s’en fait sentir. A part ces maudites cloches de l’église d’en face, ce petit village flamand est un havre de paix.

Les prévisions météo du vendredi après-midi étant plus mieux que moins pires, nous avons fait une percée vers Bruges, à une petite dizaine de kilomètres. Par sécurité, nous étions équipés de nos phares mais il n’a pas été nécessaire de les allumer car nous sommes rentrés tout juste avant l’endormissement du soleil.

Valérie avait préalablement demandé à l’hôtel s’il serait possible d’avoir une cassolette de moules pour le souper.  Accompagnées d’une bonne Omer (c’est de la bière), ces moules se sont révélées délicieuses.

Le samedi, nous avons prévu une rando Vtt organisée à Maldegem. Les inscriptions sont possibles de 7h00 à … 14h00. Je dois bien dire que nous ne sommes pas habitués à une plage d’inscription aussi importante aussi, décidons-nous de nous offrir une grasse matinée et c’est vers 11h00 que nous partons sur le 45 Km. Comme d’habitude, dans les Flandres, nous nous faisons dépasser par des séries de TGV qui nous laissent sur place. La météo est correcte. Quand je dis « correcte », cela signifie que nous sommes trempés, pas par le haut (la pluie) mais plutôt par le bas (la boue). Le vent, habituel dans la région, est relativement acceptable. Comme d’habitude, nous faisons impressions avec nos vélos typés « enduro ». A l’arrivée, nous constatons un dénivelé impressionnant de … 113 mètres. Oufti ! Vous me direz que c’est de la gnognotte à  côté de 700-800 mètres et plus auxquels nous sommes habitués. Pas faux … mais attendez la suite.

Après un bon décrassage des vélos nous retournons à l’hôtel, à une petite vingtaine de kilomètres de là pour le nettoyage des pilotes (qui en ont bien besoin).

Pour le soir, Valérie nous a réservé un petit resto gastronomique (deux étoiles) à Damme qui nous a ravit.

La nuit de samedi à dimanche a vu déferler les hauts, les bas et les travers de hurlevent au point que l’on se demandait si ces foutues cloches n’allaient pas se retrouver par terre.  Dimanche matin, plus aucun nuage en vue. Le vent, par contre, décornait les bœufs et affolaient les auvents de moulins.

Dans ces conditions pré-cataclysmiques, nous décidons bien entendu, et par souci de sécurité, de … sortir nos vélos et de partir sur une trace d’une cinquantaine de kilomètres en autonomie totale.

Je reviens vers ceux qui pensent que les dénivelés flamands sont de la pure rigolade. Essayez-donc, vous, de rouler face à un vent de 40 km/heure sans le moindre arbre pour vous protéger. D’abord, vous avez toutes les chances de reculer. Pas de problème me direz vous, il suffit de partir en marche arrière. Ben là, croyez-le ou pas vous ne reculez plus mais vous avancez. Bizarre, hein, la Flandre.

C’est fourbus mais heureux que nous rentrons à l’hôtel. Décrassage, apéro, apéro, bonne bouffe, dodo …. Rrrrrrrr.

L’étude posturale

J’avais déjà entendu parler de l’étude posturale sur un vélo. En gros, ce n’est pas un truc très sorcier. Cela consiste à faire comprendre à votre vélo que vous êtes mal foutu et qu’il doit s’accommoder de vos difformités pour qu’elles se voient le moins possible.
Et pour cela, le passage par un kiné (ou équivalent) spécialisé est nécessaire.
L’étude posturale est intéressante dans les cas suivants (liste non exhaustive) :

  • Vous comptez traverser l’Atlantique en pédalo et vous voulez être certain du modèle de flotteur à utiliser.
  • Vous êtes plutôt du style endormi et vous vous demandez si un vélo couché ne risque pas de vous être fatal
  • Vous comptez jouer la gagne au prochain Cape Epic mais Nino Schurter refuse de vous prêter ses jouets
  • Vous en avez marre que votre mère vous dise « tiens toi droit » à chaque occasion
  • Vous avez une journée pluvieuse en vue et le nettoyage du vélo ne vous tente pas.
  • Votre selle est cassée alors autant en acheter une qui ne vous écrase pas les roubignolles et  ne vous coûte pas la peau du cul.
  • Vous êtes mal foutu et vous ne voulez pas aggraver des choses

Bref, ce ne sont pas les motivations qui manquent.


J’ai fait ma petite étude de marché et j’ai lu beaucoup de bien sur le système mis en place par Specialized dans des magasins, pompeusement nommés, « Concept Stores ». Ce concept, le BG Fit, consiste à vous analyser dans tous les sens afin de définir avec précision les positionnements des différents éléments de votre bécane. Vous, c’est quand même trop tard pour changer, alors autant faire comprendre ce que l’on souhaite à une machine plus intelligente : le vélo.


Après quelques échanges de mails et un appel téléphonique pour définir les modalités (ben oui … ce n’est pas gratuit), un rendez-vous est pris un samedi pluvieux d’octobre.
J’arrive donc avec mon vélo que les techniciens ont prévu d’installer sur des rouleaux. C’est sans compter que, parait-il, mon système de fixation de roues n’est pas standard (un axe traversant DT Swiss 12×142). Bon … cela commençe bien … sans vélo.


Heureusement, le magasin possède une espèce de vélo d’appartement qui peut être dimensionné à n’importe quelles cotes. Il possède des vis, des vérins, des boulons, des tiges filetées, … dans tous les sens. Il suffit d’y installer mon guidon pour retrouver le même positionnement que sur mon Santa-Cruz. Ce n’est pas le vélo que je choisirais pour un Cape Epic mais cela devrait faire l’affaire … pensait-on J.


Mais voilà, le diamètre de mon cintre est de 35mm et leur standard est de 31.8mm. Le 35mm est quand même apparu en 2011 et s’est répandu en 2014 dans les vélos de DH et d’Enduro.
Bref, on a fini par me trouver un cintre devant faire l’affaire.


Le kiné s’est inquiété de mes attentes et m’a mesuré et scruté dans tous les sens, en me faisant prendre des postures parfois bizarres. Il a mesuré ma souplesse qui tient plus du chêne centenaire que du roseau. Après cela, la déprime a commencé. En résumé : j’ai une jambe plus courte que l’autre (comme le dahu), les pieds en canard et le dos comme un dromadaire. Je m’apprêtais à passer tout le bestiaire en revue et à me caser sur un vélo à 3 roues … quand il a mesuré la taille de mon SIF …


… Ok … je vois à vos têtes ahuries que vous ignorez ce qu’est un SIF. Il s’agit du Sillon Inter Fessier (bandes d’incultes). Certains pourraient penser à un diamètre de trou de balle (la période de la chasse arrive) mais il s’agit  en fait de la distance entre vos deux ischions. Et, non, « ischion » n’est pas le petit nom donné à vos bijoux de famille mais plutôt aux deux os sur lesquels vous appuyez, une fois assis.


Cette mesure en mains (si je puis dire), le choix de la selle a été très facile. Une Specialized Power. Celle-là (selle !) a tout de suite plu à mon tendre postérieur qui s’y est trouvé bien à l’aise. Bon, cela risque d’être un peu tricky dans les descentes techniques car elle est assez large et un peu encombrante quand on doit « passer derrière » mais mon cerveau d’en bas n’en veut pas d’autre. Alors, ce que derrière veut …


Afin d’alléger la pression sur les zones périnéales, la Power est largement évidée en son centre. J’espère juste ne pas m’y retrouver coincé un jour.
Une fois assis, on a remesuré le vélo, la position de mes genoux par rapport aux pédales, la distance entre le bec de selle et le centre du guidon, la hauteur de selle, l’avancement de la selle, … et j’en passe et des meilleures.


Bref … des ajustements, très légers, sont faits. Comme je roule « non clipsé », il n’a pas été nécessaire de régler les cales de mes chaussures.
Durée totale de l’étude : environ trois heures. Coût : 180 euros. Cela les vaut-il ? A priori, oui. Mais je suggérerais de passer à cette étude avant l’acquisition d’un nouveau vélo. Toutefois, ce concept étant celui de Specialized, je doute qu’un vélo d’une autre marque vous soit conseillé.


La première rando post-étude-posturale confirme le très bon choix de selle. Les subtils changements qui ont été faits à mes réglages m’ont également apporté une position, me semble-t-il, plus naturelle et malgré la boue omniprésente, je n’ai pas ressenti de gène dans le bas du dos (oui, un peu plus haut que le SIF) comme souvent lorsque le vélo glisse de l’arrière.