
Londres ? Bah … c’est gris, triste, on y bouffe mal et puis ils ont fait leur brexit en 2020.
Que de préjugés.
En ce qui concerne le Brexit, ils s’en mordent les doigts. Ils ont repris le contrôle de leurs finances, ils ont cessé de payer leur cote part à l’Union Européenne … mais les robinets européens se sont également taris. Par rapport à l’euro, le pound a pris un coup dans l’aile et cela est intéressant pour nous. En gros, ils vivent moins bien et, de plus, l’opinion publique (55% en 2024) est de plus en plus hostile au Brexit. De là à ce qu’on les reprenne …
Pour nous, le seul problème est que pour profiter de leur pays, il nous faut un passeport et une autorisation d’accès (ETA) qui coûte 16 £.
En dehors de cela, l’accès est vachement facile en train : Namur-Bruxelles puis l’Eurostar jusqu’au centre de Londres.
« A Londres, il pleut tout le temps ». Dans les faits, il ne pleut pas plus souvent que chez nous. 106 jours de pluie par an (111 pour Paris). Février est le mois le plus sec (ben oui !).
« Londres, c’est gris ». Cette assertion n’est pas tout à fait exacte. Si les bâtiments sont d’une couleur qui tend plus vers celle de Charleroi que de celle la Jamaïque, les londoniens ont résolu le problème en peignant les façades dans des couleurs chatoyantes. Ils ont même des tunnels entièrement consacrés aux peintures murales, consensuellement appelés « tags », où l’imagination est au pouvoir.
« On bouffe mal à Londres ». La Grande-Bretagne n’est pas réputée pour sa gastronomie mais oubliez donc les fish and chips, les bangers and mash et les trucs en gélatine verte qui vous donnent le mal de mer rien qu’à les regarder. Commencez la journée par un bon english breakfast classique qui va vous caler pour la journée. Aujourd’hui, la cuisine britannique est celle de ceux qui s’y sont établis et elle est très variée. N’hésitez donc pas à réserver un bon thaï, indien, chinois, … ce ne sont pas les restaurants qui manquent.
« A Londres, on visite les musées ». Effectivement, c’est une option. Mais il faut bien reconnaître que les musées, c’est … comment dire … assez chiant. Bon, ok, sauf celui de la Royal Air Force qui est passionnant et qui a mérité d’y rester une journée. Donc, plutôt que les musées, sortez donc des sentiers battus et promenez vous dans les différents quartiers périphériques, voire même dans les cimetières comme celui de HighGate.
A Bruxelles, quand on arrive dans la gare du Midi, on reste à l’intérieur sous peine de se ramasser une chlamydia, une chaude pisse, la tuberculose ou, pire encore, de se voir dépouiller de tous ses biens. A Londres, c’est le contraire : on visite les alentours. Tout ce que l’on risque, c’est de tomber sur un tunnel aux murs et plafonds remplis de graffitis multicolores.
En Belgique, quand on a la « chance » de disposer d’un chancre urbain (bon, d’accord, il y en a dans chaque ville), on le conserve en l’état et on le laisse (sur)vivre sa vie et pourrir sur place. Après tout, il faut bien caser les squatteurs et autres camés quelque part. A Londres, ils restaurent les anciens quartiers mal famés, comme Battersea par exemple. Si vous ne connaissez pas, regarder donc la pochette du 33 tours « Animals » de Pink Floyd. Des investisseurs malaisiens y ont investi 10 milliards (d’euros) pour y construire un grand ensemble super luxe.
Les processus de gentrification sont en marche : Shoreditch, Hackney, Brixton, … La recette est chaque fois identique : on prend un trou à rats qu’on achète pour des clopinettes, les créatifs s’y installent parce que ce n’est pas cher, ils proposent de la bonne bouffe et le buzz se crée. Les gens suivent en masse et s’y installent. Dès que la masse critique est atteinte, les grosses entreprises s’y installent … puis ils virent les créatifs d’origine. Et le cycle recommence autre part.
« Londres, c’est congestionné ». Dans la City (le centre-ville, quoi), les voitures particulières sont quasiment interdites et c’est très sécurisant d’y circuler à pied … ou à vélo.
Les coins touristiques méritent toujours intéressant un détour à condition de seulement y passer. Camden Town, l’ancien repaire des punks, est aux mains des pakistanais et des indiens qui ont récupéré toutes les boutiques et les seuls punks que vous y trouverez sont les quelques bonimenteurs qui essayent de vous attirer dans les boutiques. A cet endroit, vous trouverez plus d’étrangers bcbg que de britanniques contestataires. Par contre, rien ne vous empêche de partir de là à pied pour longer un canal qui retourne vers les grands parcs.
A Londres, les déplacements sont vraiment très faciles grâce au métro qui vous emmène partout à condition de vous y retrouver dans le spaghetti des différentes lignes. Vous aimez jouer aux jeux de pistes ? Le métro londonien est fait pour vous.
A Londres, chaque jour est une découverte.


