VeloFollies 2019

Quand on m’a annoncé que mon cours de mécanique du mercredi étant annulé pour cause de salon VeloFollies du week-end à Courtrai, j’avoue ne pas avoir compris le lien possible entre ces deux événements qui ne se déroulent pas au même endroit et encore moins au même moment. J’avais l’intention de me rendre à ce salon annuel et je ne pense pas que cumuler les deux m’aurait donné un claquage méningique. Mais, bon, je suppose que cela doit être une caractéristique toute « fonctionnariale » du métier d’enseignant.

Bref … VeloFollies : du vendredi au dimanche, chaque janvier à Courtrai, 40.000 personnes attendues, le plus beau parterre vélocipédique que l’on peut attendre dans le Benelux.

Mon entrée avait été réservée par internet (11.85 € quand même) mais j’aurais tout aussi bien pu la prendre sur place (15 €). Quand on arrive à Courtrai, pas besoin de chipoter parce des stewards sont sur place pour remplir les parkings surveillés (4 €) de manière toute germanique : attente minimale, efficacité maximale. L’entrée se situe à 150 mètres de ma place de parking alors j’ai décidé de laisser ma grosse veste dans la voiture (bien m’en a pris).

En cette période où certains s’amusent à jouer au flipper avec des camions, au tir forain avec des Kalachnikovs, au lancer de batterie de couteaux de maman ou au petit chimiste avec de gros pétards, la sécurité est discrète mais efficace : pas de sac ni de sac à dos dans les halls. Comme de toute façon, on me refile déjà un sac de pub à peine passé le portique d’entrée. Une fois vidé, me voilà prêt pour déambuler dans les 6 halls que comporte cette exposition.

Disons-le dès le départ, ce salon est électrique. A part celui des selles Italia, il n’y a pas un seul stand qui ne propose pas de l’électrique, que ce soit le moteur ou les batteries, tout le monde semble avoir son avis sur le sujet.

En effet, sans avoir fait de sondage, je pense que la majorité des vélos proposés sont des vélos de ville, majoritairement motorisés. Et c’est une bonne chose car cela témoigne de la vivacité de la petite reine et de son évolution vers des techniques modernes adaptées au vieillissement de la population. Ah ben oui, j’oubliais … l’âge moyen des visiteurs doit allègrement dépasser les 45 ans. Ce sont eux qui ont le pouvoir d’achat et c’est vers eux que le marché du cycle citadin s’oriente.

Vous comprendrez qu’une bonne partie du public est plutôt composée de quinquas qui, contrairement à ce qu’on pourrait penser, sont très attirés par les vélos de route à assistance musculaire. A chaque fois que je participe à des randos vtt en Flandres, je reste toujours étonné du nombre de participants – relativement âgés – inscrits aux randonnées cyclo qui y sont généralement associées. Le flamand est un cycliste dans l’âme et je ne me pose même plus la question de savoir pour quelle raison ils trustent les plus hautes marches des podiums nationaux.

La grande majorité des vélos « sportifs » proposés sont en carbone mais j’ai été surpris de voir le nombre de « petits » constructeurs nationaux qui travaillent encore l’acier et qui produisent des vélos magnifiques et extrêmement soignés. Les seuls stands à proposer du titane s’adressent à un public averti (triathlètes, …). Il y a même un fabriquant de cadres en bois réalisés à la main.

Quelques stands proposent des décorations sur mesure pour les amateurs (fortunés) de peintures spéciales et spécifiques.

Le VTT ne représente qu’une petite partie de ce salon et je n’y ai pas vu grand-chose de révolutionnaire mis à part une version assez colorée du Blur de Valérie. Dans le rayon des bizarreries, un stand présente un étrange VTT à 4 roues sur lequel on pédale dans une position qui doit être un mélange de celle sur un pédalo et celle d’un accouchement dans une baignoire.

J’ai été assez étonné par le nombre d’exposants de vélos et d’accessoires de bikepacking. La vague actuelle le retour à la nature, co2, pollution, réchauffement climatique, etc … y est probablement pour quelque chose.

Pour ceux qui veulent s’y essayer, VeloFollies propose une piste d’essais de vélomoteurs. Bizarrement, c’est là que j’ai rencontré la plus grosse concentration de la gente féminine. Je suppose que les femmes se rendent enfin compte que le vélo n’est pas qu’une affaire de testostérone et que, avançant en âge, c’est une activité qui, grâce à la motorisation, peut s’exercer en couple.

Rayons accessoires, on trouve de tout : cela va de la sonnette araignée à la sacoche en pur skai naturel et au panier porte Chihuahua en passant par le casque Captain America et les chaussettes Flanders.

Les gosses ne sont (malheureusement 😉) pas oubliés. Un stand pékinois ( ?) présente une bonne centaine de vélos non comestibles dans toutes les couleurs de la gamme des bonbons Haribo.

En parlant de bouffe, le Kortrijk Xpo propose plusieurs endroits de catering à des prix corrects.

Côté linguistique, ben … vous êtes en Flandres dans un salon qui représente le sport régional flamand et il ne faut pas vous attendre à être accosté avec un accent de Liéchchchch. Mais, comme partout et avec un minimum de politesse, tout se passe très bien. J’ai entendu pas mal de français qui, pour une fois, ne semblaient même pas se plaindre … c’est tout dire.